Gestion de la qualité : Les déboires de Mattel avec ses sous-traitants chinois 2ème Partie

Nous avons vu dans une première partie comment Mattel avait du rappeler des millions de jouets fabriqués en Chine par ses fournisseurs et payer plus de 50 millions de dollars d’amende en raison de la dangerosité pour les enfants de ces jouets contenant des niveaux inacceptables de plomb. Nous avons ensuite analysé l’approche de Mattel à la mise en place de leur stratégie d’externalisation pour comprendre ce qui aurait pu être fait différemment pour éviter ces problèmes de conformité et de qualité (i.e. rigoureuse sélection de fournisseurs, cahier des charges détaillé et audits et contrôles de qualité tout au long du processus).

Nous allons maintenant voir les réactions des autorités américaines, européennes et chinoises à ces scandales et les mesures correctives mises en place pour la protection des consommateurs avant de conclure avec des recommandations pour améliorer la qualité des produits importés.

Réactions des autorités aux Etats-Unis et en Europe

Suite aux nombreux scandales de jouets comportant des défauts ou des composants toxiques, dangereux pour les enfants, de nombreux organismes légaux ont été créés en Europe et aux Etats-Unis. Leur but est de défendre les consommateurs finaux de ces produits pouvant s’avérer dangereux et de punir tous les acteurs responsables directement ou indirectement pour leur fabrication.

En amont de la punition pour manquement aux normes de sécurité et de qualité, ces organismes vérifient la mise en place des mesures destinées à protéger les consommateurs et conduisent des études pour proposer aux gouvernements de nouvelles solutions pour limiter la fabrication de produits dangereux. Il ne s’agit pas seulement de contrôler la qualité des produits finis qui arrivent sur le marché, il s’agit de mettre en place des procédures contrôlant la sécurité et la conformité des produits à tous les stades de la fabrication et de la distribution.

Des associations de consommateurs se sont aussi formées pour poursuivre les grands groupes industriels, ce qui n’est pas à la portée de particuliers agissant seuls.

Enfin, un système d’alerte rapide nommé RAPEX (Système Rapide d’Echange d’Informations) lien : a été mis en place dans l’Union Européenne pour organiser l’échange d’informations concernant les produits de consommation non alimentaires pouvant mettre en danger la santé et la sécurité des personnes. Il permet d’empêcher la commercialisation ou l’utilisation de produits présentant un risque grave pour la santé et la sécurité des consommateurs.

Réactions du gouvernement chinois

La réaction initiale de la Chine a été de très mal prendre les critiques des occidentaux se plaignant d’une « attitude restrictive » à l’égard des importations chinoises et accusant les médias d’amplifier la situation et de faire preuve d’irresponsabilité et de malveillance.

En effet la Chine a d’abord pensé que sa puissance commerciale suscitait des jalousies et qu’avec les progrès de la mondialisation et le fait qu’elle produisait 70% des jouets vendus dans le monde, certains groupes profitaient de ces « incidents isolés » pour remettre en cause son savoir-faire. Autrement dit, la Chine a commencé par dire que les problèmes que connaissait Mattel étaient dus à Mattel.

Dans un deuxième temps, et dans un souci de protéger sa réputation et ses parts de marché, le gouvernement chinois a changé d ‘attitude et accepté le fait qu’il avait une part de responsabilité dans le rappel de tous ces produits et a commencé à mettre en place des mesures pour résoudre le problème.

Ainsi la Chine a accepté de renoncer à l’utilisation de peinture au plomb dans la fabrication de jouets destinés aux marchés américain et européen (interdiction en place aux USA depuis 1978). Dans la foulée, le gouvernement a sanctionné 429 entreprises chinoises ne respectant pas les règles sanitaires et ayant violé les règlements sur la qualité des produits proposés.

« Nous sommes peut-être entrés dans le cercle des grandes puissances commerciales, mais nous sommes encore très, très loin du cercle des fortes puissances commerciales, et la raison fondamentale en est que la compétitivité de nos produits en terme de qualité n’est pas forte », a déclaré à l’époque Li Changjiang, directeur de l’Administration générale du contrôle de la qualité et de l’inspection.

Le gouvernement chinois a donc, mis en place des actions visant à améliorer la qualité de ses produits. Tout d’abord, en multipliant les agences spécialisées dans le contrôle qualité et ensuite en créant un label certifiant les produits autorisés à l’exportation.

La Chine a également adopté un système strict de surveillance pour garantir la sécurité et la qualité de ses exportations et financé des cycles de formation sur la qualité et la sécurité des produits pour les fabricants de jouets.

Recommandations pour améliorer la qualité des produits importés

Tandis que les gouvernements continuent à mettre en place de nouvelles normes de sécurité de plus en plus strictes, il y a des bonnes pratiques que chaque entreprises candidate à l’externalisation peut suivre pour s’assurer de limiter au maximum les risques de problèmes de qualité. Ces pratiques accompagnent chaque étape du cycle de la sous-traitance : soigneuse sélection des fournisseurs, cahier des charges détaillé et procédures d’audit et de testing à toutes les étapes de la fabrication, de l’emballage et du transport. Pour plus de détails et de conseils concrets sur ces mesures, je vous renvoie vers mon rapport d’expertise « 12 erreurs à ne pas commettre pour réussir votre externalisation en Chine » ou mes séminaires.

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